Exposé de Gertrude Tshilombo


  
C’est avec plaisir et fierté que je vous présente le livre de Mme Clémentine Madiya Faïk-Nzuji, « Tu le leur diras ». Le récit véridique d’une famille congolaise plongée au cœur de l’histoire de son pays. Congo 1890-2000 », (Alice Editions, « Histoires », Bruxelles, 2005).

Je précise d’emblée qu’il ne s’agit pas d’une critique littéraire. Je m’exprime en tant que simple lectrice d’un ouvrage où, par concours de circonstance, je suis aussi un maillon de la chaîne de transmission de ce récit familial. En effet, c’est de ma rencontre avec l’auteure qu’est née, dans son chef, l’idée d’interviewer mes parents, Bombo Tshisueka Robert et Bedi Netumone Betty. Des personnes qui ont côtoyé ses parents dans des circonstances que vous aurez l’occasion de découvrir — ou que vous avez découvertes — en lisant ce livre.

Mais avant de vous dire ce qui m’a interpellé dans cet écrit, permettez-moi de présenter brièvement quelques témoignages qui en font l’éloge. Témoignages auxquels je me rallie pour leur beauté, leur force, leur simplicité et leur sincérité. Mr Michel Beckers, dans une lettre adressée au rédacteur en chef de la Libre Belgique, à la suite de la parution de l’article de Mme Marie-France Cros sur cet ouvrage, dit ceci : « [J’] estime ce livre au plus haut niveau. Il m’a bouleversé par un ton rare, digne et émouvant [...].  Je suis heureux par l’importance que vous avez accordé à ce récit [1] ».

J’ai découvert à travers les témoignages que Clémentine Nzuji a voulu, comme elle le dit elle-même, écrire un livre de lecture et non un document historique ou ethnologique. Mais quoique s’en défende l’auteure elle-même, ses pairs reconnaissent la valeur scientifique de ce document. Son caractère sérieux et rigoureux est mis en exergue, notamment par Mr Gauthier de Villers, chercheur à la section d’ « Histoire du Temps Présent » au Musée Royal de l’Afrique Centrale. En évoquant les qualités de l’auteure, il mentionne ce qui suit : « Scientifique, elle introduit dans son avant-propos et ses notes, sans aucun étalage inutile d’érudition, des explications, précisions, références, et elle manifeste en même temps qu’un affectueux respect, une grande précision et rigueur dans le questionnement de ces parents et témoins ». Littéraire, elle nous donne un bel et agréable ouvrage, aussi bien écrit que présenté […]. Certes, pour l’essentiel, son travail a consisté en la transcription et la traduction des propos enregistrés, mais l’on sait que l’on ne peut reproduire de manière brute une parole vive et qu’il faut toujours, comme elle le fait, rendre dans la forme écrite la qualité d’une expression orale[2] ».

Dans ces témoignages, on découvre non seulement des personnes qui s’attachent à décrire les qualités de l’auteure, mais aussi ceux qui décrivent les qualités des narrateurs, les vrais auteurs de ce récit : à savoir Papa Nicolas Kadima Nzuji et maman Bernadette Mwauke, de son vrai nom Mputu wa Buabwa.

Sans le connaître, les parents Kadima ont réveillé chez Xavier Renders, Docteur en Psychologie, les sentiments de gratitude et de l’espérance. « Merci, dit-il, à ton père et à ta mère d’avoir construit une telle existence autour des valeurs les plus humaines qui soient : celle de la vie, la première, et à travers tout, celle de l’amour vrai et respectueux ; celle du lien entre les êtres »[3].

Et c’est là-dessus que je rebondis pour dire que ce sont aussi ces valeurs humaines que j’ai découvertes et appréciées en lisant cet ouvrage. Le couple Kadima-Nzuji Nicolas - Mwauke Bernadette a mené une vie simple avec des hauts et des bas mais basée sur une conviction inébranlable. La préservation de la dignité de tout être humain, et, en l’occurrence, celle du Congolais en particulier.


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