Lokossa, Bénin (suite)

Couffo-Canyon. Au rendez-vous des romantiques

Toujours sur la route d’Abomey-Lokossa.

À l’aller, Sully avait repéré une inscription signalant une sorte d’hôtel-restaurant du nom de « Couffo-Canyon. Au rendez-vous des romantiques. Hôtel-restaurant ». Il souhaitait qu’on s’y arrête pour manger. Nous y arrivons à 18h. C’est un coin tranquille retiré dans la brousse, isolé, non visible de la route. À cette heure, il y flotte cette luminosité particulière aux crépuscules africains qui s’attarde paresseusement entre 18h et 19h, avant de laisser brusquement la place à la nuit. Féerique !

Nous étions les seuls clients. C’est dire que les poulets que nous avons mangés ont été chassés, attrapés et tués devant nos yeux, après la commande… Nous avons attendu plus d’une heure : Sully buvant la béninoise, Régine et Gaëlle jouant au combat naval, assises dos à dos dans la cour, et moi lisant La bête dans la jungle de Henry James, acheté dans l’aéroport à Paris… De temps en temps, nous faisons un tour dans le jardin où poussent des arbustes avec de très belles fleurs, et dans le parc où sont construits des bungalows ronds. Chaque bungalow est divisé en quatre chambres, chacune comprenant un grand lit dans la pièce principale, et un coin W.C. douche-bidet-lavabo, et puis, rien.

Après avoir mangé, Sully, Gaëlle et moi nous installons dans la voiture. Régine qui, entre-temps, est allée à la toilette dans un des bungalows, constate que le  lieu est intéressant et voudrait connaître le prix. Elle demande au garçon :

— Est-ce qu’il y a beaucoup de gens qui viennent ici ?

— Pas en semaine, c’est surtout le week-end qu’il y a beaucoup de gens qui viennent.

— Quels sont vos prix ?

— C’est 400 fr l’heure.

Silence. Un flottement.  Et puis Sully et moi on se regarde. Nous éclatons de rire. Soudain, on entend Gaëlle qu’on croyait n’avoir pas compris dire, imperturbable :

— Eh bien !  Quoi ! il faut bien que le lieu porte son nom, non ?

Le fou de Lokossa

Il faisait déjà bien noir lorsque nous sommes entrés dans Lokossa. Dans la rue qui conduit chez Régine, les phares éclairent soudain un homme. Il est tout nu  et marche tranquillement, sans se presser. Régine nous dit : « Voilà le fou de Lokossa dont je vous ai parlé ».  Je m’étonne qu’il se promène comme ça, nu, et que tout le monde semble trouver cela normal. Régine me dit qu’il vit ici depuis toujours et qu’il fait partie du paysage. On a essayé quelques fois de l’habiller, mais aussitôt, il se déshabille et jette ses vêtements.

Depuis, j’ai rencontré plusieurs fois cet homme se promenant calmement ou assis aux abords du marché, à côté d’une femme en train de cuire des beignets. Ce qui est étrange, c’est que sa présence ne semble choquer personne.

Il paraît qu’il y a trois fous comme ça à Lokossa, dont deux spécialisés dans le nu et le troisième dans le semi-nu. Car il garde ses vêtements quelques jours et après, les enlève. Comme, quand je croise dans le village un fou, je n’ose le regarder avec insistance, je ne sais jamais s’il s’agit de la même personne que j’avais vue le premier jour ou si c’est une autre. D’autant plus que tous les trois ont un comportement semblable : ils sont nus, sociables, calmes et non-violents.

Cette intégration est vraiment intéressante. Je me demande si l’équilibre d’une société ne se mesure pas au degré d’intégration de ses fous et de ses autres types de handicapés, et qu’à partir du moment où l’on crée des catégories de différences, on introduit en même temps l’exclusion qui renvoie chacun dans sa catégorie. Je me demande également si une grande partie de la violence qui caractérise certains fous ne s’explique pas par le fait que ces personnes se sentent exclues de toute communauté et qu’elles sentent de tous côtés le rejet, des soupçons et de la méfiance ?

L’autre jour, en visite chez nous, l’Abbé Célestin, me racontait que l’année dernière, un des fous nus est tombé dans un caniveau près de chez eux. Des enfants passaient. Il les a appelés et leur a dit qu’il avait mal à la hanche. Ceux-ci l’ont pris et l’on conduit au dispensaire. Chacun trouvait tout à fait normal le geste qu’il posait.

Édifiant !

Et dire qu’un jour tout cela disparaîtra au nom du « développement » ou du « progrès » ou de la « civilisation », et qu’un autre jour débarquera ici une équipe venant d’on ne sait où avec des « méthodes rationnelles » portant des noms « scientifiques » mis au point dans on ne sait quel laboratoire pour « apprendre aux gens à accepter les fous et les autres handicapés » !

Triste évolution de l’humanité !

Porto-Novo, ville de la dynastie Toffa

Le nom « Porto-Novo » a été donné à cette ville en 1730 par le Portugais Eucharistus de Campos en raison de sa ressemblance avec la ville portugaise de Porto. En gun, on l’appelle Hogbonou et en yoruba Adjatche.

Régine avait une adresse : le CAEB – conseil des activités éducatives du Bénin, une ONG qui a pour but d’assurer la formation permanente des éducateurs (et parents) pour mieux connaître l’enfant et l’adolescent. Le CAEB s’occupe aussi (peut-être surtout) des déscolarisés et des non scolarisés en les orientant sur des projets générateurs de revenus.

Accueil très chaleureux. Il y a un appartement à deux chambres. On nous y conduit. Promenade dans la ville en voiture. Resto. Retour à l’appartement.

Le lendemain, nous mettons au programme la visite des musées ethnographique et architectural. Nous sommes déçus de la première visite : le musée ethnographique est lui-même en réfection. À l’intérieur, les objets sont couverts de poussière et ne présentent aucune caractéristique particulière. Le guide est médiocre et peu sympathique. Il nous suit comme pour nous surveiller, sans rien nous expliquer, attendant qu’on lui pose des questions si on en avait.

Ce fut autre chose au musée Honmè, dont l’unique objet à visiter est le palais des rois Toffa. Le guide est extraordinaire. D’une pièce à l’autre, j’ai eu l’impression de vivre tout ce qui se vivait dans ce palais.

Pièces réservées à l’usage exclusif du roi : chambre à coucher où le roi dort seul, chambre où est conduite l’épouse choisie par la reine pour partager la nuit du roi, salle où le roi mange, cour de bain du roi, espace réservé à l’initiation du nouveau roi avant son intronisation. Chambre noire où, pour des raisons graves —  défaite, incompétence ou autres incapacités déshonorantes —, le roi s’enfermait seul pour méditer sur sa mort qu’il décidait lui-même en y entrant. Personne n’a jamais su ce qui se passait réellement dans cette chambre. Le roi s’y enfermait durant 24 heures, après avoir mis toutes ses affaires en ordre. Quand il en sortait, c’était pour mourir deux ou trois jours plus tard.

Il y avait aussi des cuisines, des greniers, des chambres d’hôtes. Et puis une salle de justice dont le préau comprenait trois issues possibles : à droite, pour les condamnés à mort ; à gauche, pour les condamnés à la prison et tout droit, pour la liberté. Il paraît que de tous ceux qui entraient dans ce préau, seuls les condamnés à mort étaient à envier, car ils voyaient la fin de leur souffrance. Des prisonniers demandaient eux-mêmes la mort tant la perspective des tortures et autres monstruosités auxquelles ils allaient être soumis leur paraissaient horribles. Quant aux « libérés », ils étaient en réalité renvoyés à une réalité fictive, appartenant à un monde virtuel, n’ayant aucune chance de se concrétiser un jour.

On peut compter aussi dans cet ensemble de bâtiments liés à la vie du palais, un certain nombre de sanctuaires commémoratifs d’anciens rois. Ces pièces ne sont pas très grandes (± 2 m²). Chaque sanctuaire abrite une dépouille royale. On connaît chaque roi et son sanctuaire, mais personne ne sait dans quel coin ni dans quelle direction il est enterré. Car chaque roi avait son fossoyeur, qui procédait seul à l’inhumation et qui était décapité aussitôt sorti du sanctuaire, de peur qu’il ne révèle l’emplacement exact du corps du roi. Pour respecter cette tradition et pour éviter la profanation, les fouilles archéologiques sont formellement interdites, nous dit le guide, Joël Henry Tosavi.

Comme pour le musée d’Abomey, le musée Honmè reste la propriété des descendants des familles royales, pour qui ce site est un lieu de retour à la source. Elles y tiennent des réunions importantes concernant la royauté, qui continue à exister et à influencer la vie des groupes sociaux directement concernés. Aucune modification dans le bâtiment ou dans le rangement des pièces ne peut avoir lieu sans l’autorisation des représentants des familles royales.

Centre Songhaï

Le lendemain, toujours à Porto-Novo, nous sommes allés visiter le centre Songhaï où travaille un Belge que Régine connaît.

Le centre Songhaï est né à partir de rien, à l’initiative personnelle du Père dominicain nigérian Nzamujo, en 1986. La raison principale de sa création est d’élever le niveau de vie des populations par une utilisation rationnelle des ressources locales. Son ambition est de mettre en place un système de production viable et peu coûteux, basé sur l’agrobiologie et intégrant l’agriculture, l’élevage et la pisciculture.

Le Père Nzamujo nous a raconté. Son centre est en fait l’aventure personnelle de sa vie. Il est dommage que l’écriture m’oblige à faire un résumé des faits et de l’histoire extraordinaire, car la vie de ce savant nigérian mérite une relation plus développée.

En effet, après ses études primaires et secondaires, Nzamujo est allé en Californie pour poursuivre des études universitaires : biochimie, informatique… il est engagé dans une des prestigieuses universités américaines où il enseigne et fait des recherches dans le lancement des fusées. Il a une brillante carrière. De temps en temps, il revient au Nigéria voir ses parents pendant les vacances.

Nzamujo continue cette vie pendant plusieurs années. Entre-temps, il est devenu Père dominicain. Mais, au fil des ans, à l’occasion de ses retours en Afrique, il prend petit à petit conscience de la situation de son pays et du fossé qui le sépare des siens : il commence à remettre en question sa vie, son brillant destin, sa réussite. Il cherche le sens de ce qu’il fait, le pourquoi, le pour qui. À chaque retour, son désarroi augmente, il se sent ridicule dans son luxe californien. Il perd peu à peu le goût du travail et décide de visiter l’Afrique aux prochaines vacances. Quand il revient au Nigéria, donc, il demande à ses parents de lui payer un long voyage au cours duquel il visiterait un grand nombre de pays africains. Ses parents lui offrent ce voyage. Le Père Nzamujo visite les villes, les campagnes. Il voit des situations insoutenables, il côtoie la misère, la pauvreté. Son indignation change en obsession, en révolte, en honte de lui. Il veut faire quelque chose de concret pour sortir ce continent de la misère, sur le continent lui-même et avec les moyens et les ressources que possède ce continent.

Il rentre en Californie pour déposer sa démission, fait ses bagages et demande à ses supérieurs de retourner en Afrique. Cela se passait en 1985.

Début 1986, le Père Nzamujo créait le centre Songhaï, du nom de l’empire Songhaï, qui connut un grand éclat au XVe siècle, sur la boucle du Niger, en Afrique de l’Ouest.

Le Père Nzamujo a rencontré l’incompréhension, la mauvaise foi, le sabotage. Il a connu la solitude et le découragement. Mais il a trouvé le sens de sa vie, ce pourquoi il est créé, sa mission sur terre. Aujourd’hui, huit ans après, nous avons pu visiter une réalisation grandiose comme je n’en ai jamais vu nulle part. J’ai rencontré un grand homme, un destin exceptionnel. Il y a beaucoup à dire.

Cas à signaler à Gauthier de Villers pour une éventuelle invitation au colloque sur « les pratiques informelles » en Afrique ?

Le quatrième fou

Hier matin, je devais aller à Cotonou pour faire quelques achats au Centre artisanal. Sully me dépose au marché où je devais prendre le taxi commun (= plusieurs personnes) qui me conduirait à Cotonou. Le chauffeur attend que son taxi soit rempli pour partir. Pendant que nous attendions, quelques personnes se sont approchées de moi et ont commencé à me poser des questions sur le (les) pays d’où je venais (Belgique-Zaïre) et sur beaucoup d’autres choses… Je leur ai dit que je m’intéressais à leurs coutumes, leurs croyances, etc. Nous bavardions donc. Je me tenais à l’extérieur de la voiture, debout, m’appuyant sur la portière de derrière ouverte. Je vois alors s’approcher de moi un monsieur très distingué : «  Bonjour, madame », me dit-il dans un français parfait.

« Bonjour, monsieur » !

— Où allez-vous comme ça ?

— Je vais à Cotonou faire quelques achats.

— Asseyez-vous, madame, n’attendez pas debout comme ça. Prenez place dans la voiture.

Je remercie et lui dis que je parlais un peu avec mes « frères » ici présents, en attendant… Alors ce monsieur interpelle le chauffeur :

— Pourquoi vous laissez madame debout comme ça ? Est-ce que vous avez des yeux ou pas ? Vous ne voyez pas que c’est une dame, une grande dame. Vous n’avez pas honte de la laisser debout comme ça…

Je m’empresse de lui dire que c’est le chauffeur qui m’avait ouvert la portière en m’invitant à m’asseoir, que ce n’est pas de sa faute, etc… Mon interlocuteur me dit au revoir et entraîne le chauffeur plus loin, en continuant à lui parler. Au bout d’un certain temps, il s’en va. Alors le chauffeur vient vers moi et me dit que c’est un fou et que sa folie est récente. Il a été directeur d’école et qu’un jour il est devenu fou. Mais moi je n’avais rien remarqué parce que tout ce qu’il me disait était très cohérent et que son apparence ne laissait rien paraître de fou.

Un jour, pendant une réception donnée par Régine, lorsque j’ai rapporté cet incident à un Belge qui était présent et qui semblait connaître ce fou, celui-ci me dit qu’il s’agissait d’une « folie provoquée ». Croyant qu’il s’agissait d’une erreur médicale à la suite d’une maladie, je lui demande comment cela s’était produit. Benoît – c’est son nom – me dit qu’il ne s’agit pas du tout d’erreur médicale, mais d’une folie provoquée par le vodou. Cet homme aurait fait des pratiques vodou et demandé aux esprits des choses importantes, en promettant de faire des sacrifices. Mais une fois le résultat obtenu, il a négligé sa promesse, c’est ainsi que les esprits du vodou se sont vengés en lui donnant la folie.

À l’aller, nous étions trois personnes devant, quatre derrière dans le taxi. J’étais devant. Au retour, nous étions trois devant, quatre adultes plus un bébé derrière. Pire que dans une boîte de sardine, mais très épique ! Conversation : sur la politique du Togo.

Ouidah. Musée historique. Ville fétichiste

Nous avons commencé la visite d’Ouidah par le musée historique, l’un des quatre musées nationaux ouverts au public. Trois visiteurs : Sully, Gaëlle et moi. Un jeune homme rencontré au hasard a tenu à nous accompagner. Son nom : Antoine.

Le guide, mi désabusé mi pince-sans-rire, nous explique l’histoire d’Ouidah et des objets conservés au musée.

Ouidah (du Péda, nom de l’ethnie qui habite la région), est un ancien comptoir de traite. C’est à Ouidah que les esclavagistes venaient acheter des hommes et des femmes qu’ils emmenaient en Amérique. C’est à Ouidah que sont revenus les Américains noirs qui voulaient revenir en Afrique.

Le musée historique de Ouidah est installé dans l’ex-fort portugais Saint-Jean-Baptiste, construit en 1721 par Joseph de Torres. À l’avènement de l’indépendance du Dahomey, en 1961, lorsque le gouvernement dahoméen demanda aux Portugais (qui habitaient toujours la bâtisse) de quitter le pays, le dernier résident portugais incendia le fort avant de l’abandonner. Le fort fut restauré et déclaré monument historique en 1964. Le musée y est installé depuis 1967.

Les collections du musée retracent essentiellement l’histoire de la traite négrière. À côté des cartes géographiques du Golfe de Guinée vu par différents navigateurs européens entre 1535 et 1793, on voit des maquettes et photographies des forts français et anglais disparus, des panneaux retraçant la cérémonie d’intronisation du roi Savi, d’autres représentant le roi Agadja, des photographies – horreur ! – retraçant les traitements auxquels étaient soumis les esclaves à bord des navires, etc. Horreur ! Nausée ! Nausée !

Comment l’homme est-il arrivé à traiter ainsi l’homme ! Sous la bénédiction des prêtres chrétiens qui étaient à bord ! Au nom de quoi, de quel Dieu ? Ça restera toujours un mystère pour moi, comme le mystère des nazis brûlant les Juifs dans des fours crématoires. Mystère opaque. Et ce silence général sur l’un des plus grands crimes qu’ait connu l’humanité durant près de trois siècles !!! Autant j’éprouve de la révolte contre la traite, autant j’ai tendance à considérer les horreurs d’Abomey comme un comportement qui entre dans cet ordre naturel des choses propre aux humains.

Oui, une question sème un doute en moi. Pourquoi les sacrifices humains d’Abomey seraient-ils plus acceptables que la traite ? Ne suis-je pas en train de considérer les deux situations sous un angle racial, étant donné qu’à Abomey, ce sont les Fon qui sacrifient des Fon à des divinités supérieures, tandis que la traite est pratiquée par des Blancs sur des Noirs. C’est Sully qui me libère de ce doute en m’expliquant son propre sentiment.

En effet, Sully me dit que pour lui, les deux situations sont très différentes et suscitent en lui des sentiments tout aussi différents : d’un côté, à Abomey, il y a la sacralisation de l’homme qu’on tue comme offrande à une Puissance considérée comme plus grande que l’homme lui-même. Il y a dans ce cas consentement du sacrifié qui, comme on l’a vu dans beaucoup de cas, recherche lui-même cette « faveur ».

De l’autre côté, dans le cas de la traite, il y a la désacralisation de l’homme, qui est réduit au rang de bête. D’un côté le mouvement est vers le haut, de l’autre, il est vers le bas.

Très juste.

Le Temple du python face à la plus vielle cathédrale d’Afrique

Après la visite du musée de Ouidah, nous sommes allés voir le temple du python, qui fait de Ouidah la ville des serpents. En face du temple se dresse une des plus vieilles cathédrales d’Afrique. Affrontement des deux forces contraires ? Cohabitation pacifique ? Qui sait ?

Le python est considéré dans cette ville comme une grande divinité. On a construit un grand temple où vivent en liberté plusieurs pythons. Ils sont soignés, nourris et leur habitation est tenue dans une propriété stricte. Si un python meurt de vieillesse ou d’une autre cause, on lui donne des funérailles semblables, en tous points de vue, à celles qu’on donne au roi. Les gens prennent un jour de congé pour aller à l’enterrement. On tient le deuil, etc. Lorsqu’un enfant vient au monde, on le met sous la protection du python et on marque son visage du signe du python, constitué de traits verticaux (cicatrices) doubles [ || ] sur le front, sur les tempes et sur les joues (2x5). Ce qui fait qu’on rencontre un peu partout, dans la ville de Ouidah, des enfants et des adultes tatoués du signe du python. Sur les murs des maisons, on voit des dessins de serpents protégeant les habitants, etc.

À la question de Sully de savoir comment sont nourris ces serpents, le gardien du temple répond qu’ils sortent en liberté et vont dans les habitations où ils trouvent de la nourriture. Les gens les laissent entrer et leur donnent à manger. Ils se promènent tranquillement dans la ville, respectés et adorés de tous. Il y a des gens qui en cherchent la morsure, car cela donne de la chance…

Le soir, les pythons regagnent le temple.

Sur la route du retour, pendant que nous roulons, nous voyons un serpent traverser la route. Je ne sais pas comment je suis sortie vivante de Ouidah !

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